Domaines d’action du Yoga Derviche


Les domaines d’action du Yoga Derviche  ou Euphonie Gestuelle du Samadeva vont des simples exercices physiques à la psychologie, la santé et la métaphysique. C’est en particulier grâce à la variété des techniques psycho-corporelles que s’explique son action sur la santé physique et psychique et, au-delà, son intérêt dans le cadre du développement personnel.




Notre expérience au contact aussi bien des malades que des bien-portants (malades en puissance !) nous a montré l’existence chez l’être humain de deux sources pathogènes possibles. La première, qu’il partage avec toute la vie organique et minérale terrestre (hommes, animaux, végétaux, air, eau, terre) est liée au monde qui l’entoure et dont il subit les agressions plus ou moins violentes.





Agression verbale ou chimique, pression psychologique ou pollution atmosphérique, poison alimentaire ou intellectuel : toutes ces influences perturbent la santé et conduisent à l’apparition de pathologies spécifiques, parfois de façon visible et spontanée, d’autres fois de façon plus sournoise et progressive. Tous les systèmes peuvent être atteints : le système nerveux et endocrinien, le système cardio-vasculaire, respiratoire ou digestif.

La seconde source pathogène possible est propre à l’être humain, parce qu’il possède la conscience. Nous ne nous attarderons pas sur la question de l’origine de la conscience :  est-elle innée ou acquise, inconditionnée ou conditionnée ? Nous nous contentons d’un constat : elle est une dimension non négligeable de la vie humaine, puisqu’elle conditionne une grande partie de nos pensées, de nos émotions et de nos  actions. Elle est à l’origine de toutes ses questions existentielles, avec leur cortège d’angoisses et de mal-être possible, dont les conséquences psychosomatiques ne sont plus aujourd’hui un mystère pour personne.




Méthode psycho-corporelle de l’équilibre et de la santé, l’Euphonie Gestuelle du Samadeva aide l’être humain à relativiser les influences pathogènes extérieures en le rendant plus adaptable, plus fort, plus équilibré et plus résistant. Son action se développe alors dans la direction de la source pathogène intérieure et répond à la question : comment maîtriser, au lieu d’être dominé par eux, les effets déstructurants de l’angoisse, de l’anxiété, de la dépression, de la nervosité et de tous les troubles psychosomatiques ? Troubles psychosomatiques allant de l’ulcère d’estomac à la migraine en passant par l’asthme, l’hypertension artérielle, la spasmophilie… pour aboutir finalement à des pathologies beaucoup plus graves, comme le cancer.





Apprendre à maîtriser… ou plutôt devenir « maître de soi » et de ses mécanismes intérieurs, plutôt que d’être leur esclave en les subissant : ce sont là les propositions et les effets de l’Euphonie Gestuelle du Samadeva.


Ceci nous amène à considérer davantage encore les deux types d’influences subies par l’être humain, celles extérieures (les autres, la nature, les événements…) et celles intérieures (sa façon de réagir aux précédentes, ses pensées, ses émotions et ses sentiments, ses humeurs, ses états d’âme et ses états d’esprit…).


L’action sur les influences extérieures qui nuisent à la santé relève de l’écologie et de la sociologie au sens le plus large. L’action sur les influences intérieures est liée à un travail de compréhension et à une action personnelle conséquente, à la mesure même de cette compréhension. Celle-ci ne se limite pas à une connaissance intellectuelle mais englobe un savoir et un savoir-faire émotionnels et physiques.





Les techniques de l’Euphonie Gestuelle du Samadeva se situent dans cette perspective. Issues des pratiques psycho-corporelles les plus diverses, elles intègrent une dimension cognitive essentielle qui les situe, au-delà des simples techniques de santé physique et psychique, dans un cadre holistique touchant à l’essence même de la nature humaine, à la manière du zen, du yoga ou de l’eurythmie.


Le point de vue duquel se place d’emblée l’Euphonie Gestuelle du Samadeva est celui de la tripartition de l’être humain. Composé d’un corps physique et matériel, il est issu de l’évolution terrestre minérale, végétale et animale qui le relie au monde matériel dont il subit les lois : celles de la naissance, de la croissance, de la dégénérescence, de la disparition ou de la mort. L’élément supérieur est celui que nous appelons « conscience ». Entre les deux se situe le troisième élément, le psychisme, objet de l’étude de la psychologie. Les religions l’appellent « âme », lieu de toutes les tribulations émotionnelles, sentimentales et intellectuelles de l’être humain. L’Euphonie Gestuelle du Samadeva étend son étude du domaine du psychisme à celui de la conscience et de leur relation au corps physique. Il est entendu que cette division analytico-pédagogique ne s’oppose ni à la réalité non-trinitaire (plus communément « non-dualiste ») du monde, ni à sa perception essentielle dans l’unicité.





Le défi lancé à l’être humain est de sortir de l’animalité, encore totalement présente en lui, pour développer la conscience, qui ne l’est que partiellement. Le psychisme joue le rôle d’intermédiaire entre les deux, tout en étant fortement imprégné d’animalité dans ses parties inférieures et de conscience dans ses parties supérieures.


Le terrible constat est que l’homme semble encore en être, en grande partie, au stade de l’animal et l’humanité dans son ensemble est très loin d’utiliser toutes les ressources de son évolution possible. Cependant, pour certains, commençant à savoir, à comprendre et ensuite à entreprendre un « travail » spécifique, il devient possible d’évoluer vers des états de conscience et d’être supérieurs et plus équilibrés.


Du point de vue de l’évolution possible, il est essentiel de comprendre qu’une partie de l’être humain est animale et que cette nature animale est responsable de la plupart de ses pensées, de ses émotions et de ses actions. Cet état de fait est la première limitation, la seconde étant le conditionnement familial, éducatif, social et religieux. Comprendre ceci est le début d’une vision juste de la situation de l’homme sur terre, qui est tout autre que libre. Cependant, la liberté devient possible lorsque, ayant pris conscience de ses limitations et de ses conditionnements, il commence un travail de transformation.





Telle est la proposition d’un travail possible à partir de l’Euphonie Gestuelle du Samadeva, c’est-à-dire l’acquisition de ce que les êtres humains croient posséder déjà, alors que seul un « travail » physique, émotionnel, intellectuel y mène. La liberté n’est pas une caractéristique humaine, mais une acquisition possible.


Mais pourquoi l’homme est-il plus animal que réellement humain ? Et pourquoi est-il tellement influencé par ses conditionnements éducatifs ?


On décrit parfois l’homme comme un être tricéphale, un être à trois « cerveaux ». Le premier dirige le corps physique et la vie instinctive : il a une tendance à l’agressivité, avec un sens excessif de la propriété (avidité, territorialité). C’est le cerveau le plus ancien, le « cerveau reptilien » : celui des oiseaux, des serpents, crocodiles et autres tortues !


Le deuxième cerveau, « limbique », dirige la vie émotionnelle avec ses humeurs, ses désirs, ses sentiments et sa recherche du plaisir. Plus évolué que le premier cerveau physique, après avoir été le point de départ du sens olfactif, il s’est développé en s’étendant à toute la sphère émotionnelle. Il reste cependant un cerveau ancien et animal.


Le troisième cerveau, le « néocortex », est celui du centre intellectuel. Plus récent du point de vue de l’évolution, il est à l’origine de la possibilité pour l’homme de s’élever au-dessus de l’animalité en développant la faculté de penser qui caractérise l’humanité ; les cultures, les arts et les technologies trouvent là leur source.





Étant donné que deux parties du cerveau humain sur trois sont encore imprégnées d’animalité et que la partie la plus récente n’est guère développée, il ne peut plus étonner personne que l’homme et l’humanité soient, encore aujourd’hui, dominés par des attitudes animales. Certaines sont plutôt liées à la vie instinctive comme l’agressivité, l’instinct sexuel, la compétition ou encore l’instinct de propriété, l’avidité et l’égocentrisme; d’autres sont davantage liées à la vie émotionnelle comme la volonté de dominer, la peur, la jalousie, l’orgueil, la vanité. Le constat est que la cause des malheurs individuels et des drames collectifs, du drame passionnel (jalousie, sexe) aux guerres ethniques ou économiques (instinct de propriété, avidité) est à rechercher dans la persistance des attitudes issues du monde animal.


La question est : comment éviter ces effets secondaires négatifs liés à cette réalité de la présence des instincts animaux ? Quelle est la place juste de la nature animale en l’homme ? Comment la mettre au service de l’évolution de ce qu’il y a de supérieur, sachant que le centre intellectuel, celui de la pensée, n’y suffit pas ? En tout cas, qu’il n’y a pas suffi jusqu’à présent…


Avant de chercher des réponses à ces questions, nous examinerons les autres conditionnements auxquels est soumis l’homme qui vit en société. Le conditionnement est un facteur aussi contraignant que les instincts animaux décrits précédemment. Ayant ceci présent à l’esprit, nous pouvons comprendre le comportement humain fait de paradoxes et de contradictions, les possibilités réelles s’opposant aux désirs, le réalisme aux exigences, les pensées aux émotions, les bonnes intentions aux résultats, les préjugés au réel…





Les trois catégories de conditionnements sont direc-tement liées aux trois cerveaux : cerveau physique et conditionnement réflexe ; cerveau émotionnel et conditionnement plaisir-douleur ; cerveau intellectuel et conditionnement imitatif. De la même manière que nous ne pouvons pas faire fi de notre réalité animale, il est évident qu’une partie de ces conditionnements est nécessaire à notre vie sociale et parfois même à notre survie.

Le conditionnement réflexe du corps physique est l’association d’un besoin naturel et de stimulations extérieures artificielles qui ne lui sont pas directement liées. Par exemple, la faim est un besoin naturel ; le son de la cloche qui appelle à la salle à manger est une stimulation extérieure : ce son provoque la salivation et la sensation de faim, Pavlov l’a parfaitement décrit grâce à ses expériences avec les chiens.


Le conditionnement plaisir-douleur est davantage lié à une recherche qu’à un réflexe provoqué, comme la recherche de la récompense lié au plaisir ou le désir d’éviter la punition ou la douleur.


Enfin, le conditionnement imitatif est lié à la nécessaire socialisation et au besoin d’identification. Une grande partie de l’éducation se fonde sur ce processus, à  commencer par l’hygiène personnelle et jusqu’à un savoir-vivre plus élaboré, en passant par toute la gamme des attitudes sociales, qu’elles soient physiques, émotionnelles ou intellectuelles. Dans ce cadre, le conditionnement le plus subtil et le plus dommageable est lié au fait que l’homme est contraint de croire certaines choses. Un exemple typique : être éduqué dans la fierté d’être français, américain ou russe, conditionne au chauvinisme. Ceci signifie que de nombreuses attitudes, opinions, croyances et pensées nous sont inculquées par notre éducation. Nous sommes littéralement endoctrinés et ces contraintes liées au conditionnement sont aussi puissantes que les contraintes naturelles instinctives.


Prisons des instincts animaux, prisons multiples des conditionnements, voilà ce dont l’Euphonie Gestuelle du Samadeva propose de prendre conscience sous de nombreux aspects.





La méconnaissance de tous ces mécanismes est non seulement la raison majeure de l’aliénation intérieure de l’être humain et de ses difficultés relationnelles mais aussi, comme nous allons le voir, des troubles de sa santé et de son développement personnel.

Le paradoxe est que ces mécanismes sont à la fois des processus d’adaptation à la vie et de dégradation de la vie. La question se pose alors : comment conserver et améliorer les processus d’adaptation et supprimer ou diminuer l’effet des processus de dégradation ?

Voilà le point où intervient l’Euphonie Gestuelle du Samadeva. Nous savons que l’accumulation de stress et d’émotions négatives ou conflictuelles perturbent les systèmes nerveux sympathique et parasympathique, entraînant une réaction en chaîne des systèmes endocrinien, digestif, cardio-vasculaire ou respiratoire, avec modification de la sécrétion de cortisol, d'endorphines… le tout sous l’influence des neurotransmetteurs ou transmetteurs synaptiques. Une conséquence évidente en est la diminution de la faculté d’harmonisation des mécanismes corporels et psychiques. Grâce à ses exercices, l’Euphonie Gestuelle du Samadeva agit sur la musculature en lui redonnant à la fois tonus et souplesse : les muscles et les tendons retrouvent leur efficacité, une meilleure résistance, une plus grande endurance, permettant à nouveau une meilleure coordination. Ceci entraîne une diminution des douleurs chroniques et de tous les troubles psychosomatiques.


En outre, les exercices proposés permettent de faire l’expérience de sensations physiques oubliées comme le calme et la paix, contribuant à reprogrammer positivement la sphère des sensations : le diencéphale s’apaise au lieu d’être emporté par le stress de la vie quotidienne. On se sent détendu : détente et sérénité prennent la place de l’anxiété et de la nervosité. Grâce à ces sensations positives, le pratiquant retrouve une perception agréable de la vie ; il arrive à mieux se maîtriser lui-même et à mieux accepter son environnement, qui n’est plus perçu comme stressant ou agressif. Ceci le conduit à une nouvelle joie de vivre et à une plus grande confiance en soi. Une meilleure connaissance de soi et des autres permet une intégration plus positive dans la vie, avec des effets d’autant plus positifs sur l’état de santé.